Burundi : Une élève renvoyée du lycée à cause d’un tatouage

C’est l’histoire d’une lycéenne de 19 ans bannie de toutes les écoles publiques et privées du pays à la suite d’une mesure décrétée par la ministre de l’Education Nationale, Dr Janvière Ndirahisha. Dans sa circulaire aux responsables provinciaux de l’enseignement, la ministre revient sur le respect du code de conduite à l’école adopté au mois de juillet 2017, en insistant sur l’article 28 alinéas 7 qui parle du maquillage corporel comme une faute dont la décision de punition exige la présence des parents. Irumva Buntu Reine Kathy Carène est la première victime, elle s’était déjà faite tatouée sur sa jambe depuis 2015.  

La jeune fille était lauréate du diplôme de fin des humanités générales au Lycée municipal de Nyakabiga en mairie de Bujumbura. Elle a été décrite par la directrice de l’école comme une élève irrégulière avant d’être renvoyée pour cause de son tatouage. Infirmière de formation, sa maman indique qu’elle ne va pas croiser les bras. A l’aide d’un bistouri, elle tentera avec succès d’effacer toutes les traces sur son corps, l’ancien tatouage laissant place à une plaie qui se cicatrisera. Mais l’opération chirurgicale est loin de convaincre la ministre de l’éducation.

Un règlement de compte à caractère politique

La fille se trouve être du député du parti UPRONA de l’opposition, Honorable Fabien Banciryanino, enfant mal aimé du pouvoir. Il est connu pour son franc-parler à l’hémicycle de Kigobe, n’hésitant pas à dénoncer les dérives du parti au pouvoir, le parti du Dr Janvière Ndirahisha, le CNDD-FDD. Interrogé sur le sort réservé à sa fille, cet élu de la province de Bubanza, au sud-ouest du Burundi, regrette l’attitude de la ministre de l’éducation à vouloir se venger en passant par sa fille.

Fabien Banciryanino

Dans une interview accordée à la rédaction de la Radio Inzamba Agateka Kawe, ce député de l’opposition indique qu’il a tenu à rencontrer la ministre en présence de sa fille pour lui confirmer que la cause de ce renvoie de l’école était réglée. Mais la ministre a ignoré sa requête. A deux reprises le député de l’UPRONA tentera de revoir la ministre de l’Education pour le même dossier mais en vain. Dans l’entre-temps Irumva Buntu Reine Kathy Carène ne fréquente plus l’école, un cas qui aurait pu être géré par le conseil de discipline du lycée municipal de Nyakabiga. L’affaire revêt donc plus un caractère de règlement de compte politique qu’une simple sanction dans le système éducatif burundais.

Sangiza Nabandi

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