Tout va bien Monsieur le Président !!!!!

Au moment où toutes les organisations de défense des droits de l’homme tant nationales qu’internationales tirent la sonnette d’alarme, craignant une situation qui pourrait dégénérer d’un moment à l’autre au Burundi, le pouvoir du Président Pierre NKURUNZIZA tente de cacher la fumée d’une maison qui brûle.

Depuis un certain temps, des musiciens pour la plupart proches du pouvoir font des concerts à la gloire d’une paix retrouvée, dont ils sont les seuls à croire. Sur ce même chapitre de la mise en scène, les autorités organisent, chaque fois que l’occasion se présente, des descentes dans les différents coins du pays, pour montrer aux diplomates accrédités à Bujumbura ou à d’autres personnes qu’il juge intéressantes, la beauté d’un Burundi où la paix règne.

Dans ces concerts, les autorités tant politiques qu’administratives s’exhibent devant les caméras, justement pour transformer l’activité qui était auparavant culturelle en activité politique. Selon des sources proches du pouvoir, certains de ces musiciens seraient grassement payés par le régime pour le besoin de la cause, alors que d’autres le font naïvement.

Ce qui est sûr, le pouvoir y met suffisamment son paquet. Il est entrain de caresser dans le sens des poils des musiciens plus célèbres comme Koffi Olomide, le célèbre chanteur congolais pour organiser un concert à Bujumbura, comme il l’a fait à Kigali au Rwanda lors de l’inauguration de Kigali Convention Center, une infrastructure qui fait la fierté non seulement du Rwanda, mais aussi de toute l’Afrique.

On chasse le naturel, il revient au galop. Cette image erronée du Burundi, est la fabrication des agents du pouvoir NKURUNZIZA qui se croient les plus malins à l’instar de Willy Nyamitwe. Les moins diplomates comme Révérien NDIKURIYO vont tout droit au but et n’hésitent pas à appeler publiquement les Imbonerakure à rassembler les opposants pour les neutraliser. Cet appel au meurtre à peine voilé de du président du sénat burundais suit un autre lancé au mois de novembre 2015, où il appelait les Imbonerakure à aller « travailler » dans les quartiers contestataires du troisième mandat du président Pierre NKURUNZIZA. Ce terme « kora » qui signifie travailler ayant été utilisé par les génocidaires rwandais en 1994, lorsqu’ils donnaient le feu vert aux miliciens Interahamwe de commencer le génocide des Tutsi.

Selon l’expert en communication politique Athanase KARAYENGA, cette pratique du pouvoir Nkurunziza est un copier-coller des pratiques d’autres dictatures. Déjà en 1936, Adolphe Hitler a organisé des jeux Olympiques dans son pays pour cacher à l’opinion le génocide qu’il préparait contre les juifs. En 1974, Mobutu a fait la même chose en préparant un championnat mondial de boxe, afin de détourner l’attention des zaïrois qui mouraient de faim suite à sa dictature. Et récemment, la RTLM, la Radio-Télévision Libre des Mille collines au Rwanda du régime de Juvénal Habyarimana, invitaient des musiciens en pleine période de génocide pour justement détourner l’attention des rwandais.

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