L’apocalypse annoncée à Muyinga

C’est en commune de Gasorwe, dans la province de Muyinga au nord du Burundi le 27 mars 2019 où le commissaire provincial de la police Jérôme Ntibibogora a tenu un message proche de celui prononcé par le génocidaire Léon Mugesera à la veille du génocide contre les Tutsi au Rwanda. Il promet de massacrer hommes, femmes et enfants.

Des menaces publiques et ouvertes de mort, des appels à l’extermination devant la population de Muyinga et tous les administratifs y compris la gouverneure Aline Manirabarusha ont été prononcés par le commissaire Ntibibogora : «  Ceux qui se réuniront dans des maisons  pour tenir des rencontres  nocturnes dans le but de semer l’insécurité dans cette province seront tués sans épargner les femmes et les enfants et les maisons détruites ».  

Le commissaire Ntibibogora a indiqué à la population que les arrêter relève de la vieille méthode et qu’aujourd’hui, la meilleure des façons est de tuer sur le champ tous les contrevenants. Prenant à témoin  le gouverneur et les administrateurs communaux, ce commissaire indique  que son message est clair et qu’il n’a pas à s’expliquer devant qui que ce soit.

Jérôme Ntibibogora

L’officier supérieur de la police en exil, Richard Hagabimana, indique que  les propos de Jérôme Ntibibogora de lancer des grenades dans des maisons pour tuer tous les occupants sont qualifiés d’attaques discriminées’, un crime de droit international. Pour cet officier supérieur,  un policier est formé pour sécuriser la population et non pour la tuer.

Richard Hagabimana

Léonce Ngendakumana, vice-président du parti FRODEBU se dit choqué et étonné d’entendre un officier de police menacer de mort publiquement la population qu’il est sensé protéger. Pour cet opposant burundais, le commissaire Ntibibogora devrait être arrêté et conduit soit en prison soit à l’hôpital pour qu’il soit examiné. Pour Léonce Ngendakumana, un homme normal ne peut pas planifier de tuer des gens et le dire publiquement et de préciser : « Si cet officier n’est pas arrêté, les autorités burundaises seraient complices ».

Léonce Ngendakumana

Sachez que cet officier de la police était en 8ème au collège communal de Mabayi avant de rejoindre les Forces de Défense de la Démocratie, FDD, rébellion dont faisait partie le président burundais Pierre Nkurunziza.

Par Désiré Hatungimana

Sangiza Nabandi

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